Origine

Origine
Origines et histoire

Le reggae est apparu à la fin des années 1960. Il est l'évolution du ska et du rocksteady, trouve ses racines dans la musique traditionnelle caribéenne comme le mento et le calypso, mais est aussi très influen par le rythm&blues, le jazz et la soul music (la musique américaine est alors ts en vogue en Jamaïque). A ces influences s'ajoute celle du mouvement rasta et des chants nyabinghi, qui utilisent les Burrus africains (tambours) apportés par les esclaves en Jamaïque. Ce métissage ne s'arrêtera pas là, aujourd'hui nombre de styles s'inspirent, intégrent ou reprennent le style reggae, de par le monde. Le reggae est aujourd'hui une musique universelle, comme le souhaitait son principal ambassadeur, Bob Marley .

L'étymo
logie du terme reggae pourrait venir du mot "streggae", utilisé pour désigner quelqu'un qui s'habille mal, ou trop peu... comme les prostituées ; ce mot aurait été modifié par une radio jamaïcaine de l'époque. D'autres explications existent, comme la contraction de "regular guy"...

C
ontrairement au rocksteady, la paternité du reggae en tant que genre musical proprement dit est très controversée : Certains attribuent le premier disque de reggae aux Maytals avec "Do the Reggay" en août 1968, Toots est certes le premier à utiliser le mot "reggae" dans une chanson, mais d'autres morceaux au tempo un peu plus rapide que le rocksteady ont déjà préfiguré le style au cours de l'année 68. Ainsi, Pop-a-Top, de Lynford Anderson, annoncait déjà,but 68, un nouveau style de rythme, bien plus rapide. D'autres compositions se disputent le titre de premier reggae, dont le "Bang A Rang" de Stranger Cole et Lester Sterling (pour Bunny Lee), le "Nanny Goat" de Larry Marshall et Alvin (sous la direction de Jackie Mittoo, pour Studio One), la première version méconnue du "Soul Rebel" de Bob Marley, et le "No More Heartache" des Beltones.

Le
e « Scratch » Perry est également à l'origine d'un des premiers succès reggae de 1968, "Long Shot" (chanté par les Pioneers, avec les jeunes frères Aston « Family Man » et Carlton Barrett à la basse/batterie), où il utilise une rythmique particulièrement rapide. Scratch travaille alors pour Joe Gibbs et le quittera pour ne pas avoir été crédité pour son travail sur ce morceau. - Il reprendra ce morceau à son compte en se lançant dans la production, avec son propre label "upsetter" (énerveur). "People Funny Boy" fera un carton en Angleterre. - Scratch utilisera par la suite des pratiques innovantes qui transformeront le reggae, comme l'introduction de bruitages (l'origine du sample). Il fondera également le studiogendaire Black Ark (Où seront enregistrés Bob & The Wailers, The Congos, Max Romeo, Junior Murvin...)

Cette première phase d'évolution du reggae, qu'on appelle "early reggae", est caractérisée par un tempo plus rapide, et l'accélération du jeu à contretemps dé présent avec le ska et le rocksteady. Puis le tempo ralentira et la basse se fera plus lourde encore, mais le reggae gardera cette base rythmique basse/batterie prédominante, et ce chaloupement propre au reggae.

C'e
st, à partir de 1972, avec le succès de Bob Marley & The Wailers puis d'autres groupes comme les Gladiators et Black Uhuru que le reggae prend une dimension internationale. Dès lors, il pourra non seulement continuer à évoluer en Jamaïque, mais il pourra reprendre son métissage à travers le monde.
# Posté le jeudi 01 février 2007 09:54
Modifié le vendredi 02 février 2007 10:06

Robert Nesta Marley

Biographie


Bob Marley, de son vrai nom Robert Nesta Marley est né le 6 Février 1945 à St Ann Jamaïque d'une mère jamaïcaine agée de 18 ans, Cedella Booker, et d'un père anglais capitaine de la marine agé de 50 ans, Norval Marley, qu'il n'a que très peu connu (les parents de Norval Marley n'acceptaient pas sa liaison avec une femme noire). Le métissage était mal vu en Jamaïque. Bob Marley souffre de l'absence d'un père et rejettera ce métissage dans sa jeunesse, refoulant son côté blanc. À son adolescence, il quitte la misère de la campagne pour celle du ghetto de Trenchtown à Kingston. Il y rencontre Bunny Wailer et Peter Tosh, avec qui il chante des tubes de Rhythm and Blues qu'ils entendent sur les radios de Miami. Bob Marley quitte son métier de soudeur et enregistre pour le producteur Leslie Kong son premier titre Judge Not en 1962, alors qu'il est âgé de 17 ans. Ce titre ne se vend pas bien mais Bob continue de s'investir dans la musique.

En 1963, il forme avec Peter Tosh et Bunny Wailer le groupe qui sera connu plus tard sous le nom « The Wailing Wailers » (les gémisseurs gémissants). Ils obtiennent un contrat avec Studio One et leurs premiers morceaux sont produits par « Sir » Clement Coxsone Dodd. Ils finissent cependant par se séparer de Coxsone, le groupe lui reprochant de se faire de l'argent sur leur dos.

Bob Marley se convertit en 1966 à la foi rastafari, qui a émergée dans les années 30 en Jamaïque. Il se marie avec Rita la même année puis part travailler aux USA dans le Delaware en 1967. C'est Mortimer Planno qui commence son éducation théologique, suivi de Vernon Carrington. En 1967, il retourne dans son village natal pour un recueillement spirituel d'un an. À partir de 1968, il écrit ses premières chansons religieuses.

En 1969, les Wailers enregistrent pour Leslie Kong une dizaine de chansons, qu'il éditera sur ce qui sera le premier album du groupe, « Best Of The Wailers ». Les membres du groupe, superstitieux, pensent que leur « meilleur » est encore à venir et lui lancent une malédiction. Leslie Kong décède peu après d'une crise cardiaque. Nous sommes en 1971.

A la même époque, Bob enregistre un album, « Soul Rebel », pour Lee Scratch Perry, avec qui il entre en conflit sur les droits d'auteur : Scratch, pensant avoir les droits, sort l'album en Angleterre. A la même époque, il travaille avec le producteur américain Danny Sims, mais rien de concluant,du moins pour Bob, ne sortira de leur collaboration.

Alors qu'ils connaissent des difficultés, Bob Marley et son groupe contactent Chris Blackwell, le patron du label Island Records, qui éditera la plupart de ses nombreux succès. C'est pour cette maison de disques qu'il enregistrera notamment « I Shot The Sheriff » en 1973, qui sera repris par Eric Clapton.

Les deux premiers albums sortent chez Island sous le nom des Wailers, mais, en 1974, Bunny Wailer (qui ne supportait pas l'avion) puis Peter Tosh (peut-être jaloux de la mise en avant de Bob) quittent le groupe, laissant Bob seul aux commandes (les Wailers seront désormais son backing band). Son premier album solo est « Natty Dread », dans lequel il incorpore des sons blues, grâce à un guitariste américain. Suivront le fameux « Live! » enregistré le 18 juillet 1975 à Londres et « Rastaman Vibration » qui sera le disque de Bob le plus vendu de son vivant.

Le 3 décembre 1976, peu avant le concert pour la paix en jamaique réunissant les deux grands partis politiques (PNP et JLP), Bob Marley échappe à une fusillade déclenchée à son domicile par six hommes armés. Il reçoit tout de même une balle dans le bras et une dans la poitrine tandis qu'une autre blesse grièvement Rita à la tête. Don Taylor, leur gérant, en sort gravement blessé. Ni l'auteur ni le commanditaire du crime ne sont connus. La raison de l'attentat est très certainement politique. Certains pensent qu'elle découle de la participation de Marley à un concert engagé en faveur du progressiste Michael Manley et à la suite duquel Bob Marley a reçu des menaces de mort. L'attentat aurait donc été commandité par le parti conservateur. Mais Marley disait ne pas faire de politique et la critiquait sans se soucier du camp en prônant la paix et l'union des jamaïcains contre la division et la guerre civile. Par là même, il s'attirait beaucoup d'ennemis. Cette thèse n'est donc pas évidente.

Quoi qu'il en soit, deux jours après l'attentat, Bob Marley participe comme prévu au concert Smile Jamaica à Kingston. Il se réfugie ensuite à Londres car il ne se sent plus en sécurité en Jamaïque. Il y enregistrera les albums « Exodus » et « Kaya » ainsi que des singles avec Lee Scratch Perry. En 1977, il s'aperçoit qu'il a une blessure au gros orteil droit. Étant passionné de football il en vient à penser que c'était une blessure qu'il s'était faite en jouant. Mais la blessure ne guérit pas et son ongle tombe en jouant au football. C'est alors qu'un diagnostic correct est fait. Bob Marley souffre d'un mélanome malin (cancer de la peau). On lui conseille de se faire amputer l'orteil, ce qu'il refuse, cela allant à l'encontre des préceptes rastafaris.En 1980, après une attaque de paralysie, Bob Marley passe un examen au rayon X où l'on voit 5 tumeurs, trois au cerveau, une aux poumons et une à l'estomac. Les médecins tentent une autre méthode (la chimiothérapie) à la clinique du docteur Josef Issels en Allemagne, mais c'est un échec. Le cancer se généralise.

À la fin de sa vie, poussé par sa femme, il se convertit à l'Église orthodoxe éthiopienne (une des nombreuses Églises jamaïcaines, qui intègre à sa liturgie chrétienne des éléments de culture panafricaine). Il souhaitait finir ses jours en Jamaïque mais il meurt à Miami le 11 mai 1981, trop faible pour faire le voyage en avion jusqu'en Jamaïque, après être revenu de la clinique allemande du docteur Issels.

Bob Marley a eu de nombreux enfants de différentes femmes qui travaillent presque tous dans le domaine de la musique. Ziggy Marley, Damian Marley, Julian Marley, Ky-Mani Marley, Stephen Marley et Rohan Marley comme fils. Cedella Marley et Sharon Marley comme filles.

Son histoire ne s'arrête pas à sa mort et son œuvre est toujours d'actualité ...

__ Ses Album's :

- The Wailing Wailers
- The Best Of The Wailers
- Soul Rebels
- Soul Revolution
- Soul Revolution Part II
- African Herbsman
- Catch a Fire
- Burnin'
- Rasta Revolution
- Natty Dread
- Rastaman Vibration
- Exodus
- Kaya
- Survival
- Uprising
- Confrontation
# Posté le jeudi 01 février 2007 10:06
Modifié le jeudi 08 février 2007 15:51

Jimmy Cliff

Jimmy Cliff
Jimmy Cliff, de son vrai nom James Chambers, est un chanteur de reggae jamaïcain né le 1er avril 1948 à Sainte Catherine (Jamaïque).

C'est un des artistes reggae qui s'est le plus ouvert à d'autres formes de musique, ce qui lui a valu une très grande notoriété internationale puisqu'il toucha un public plus large. Il commence sa carrière avec un 45 tours de Ska en 1963, Miss Jamaica. Son premier album « Hard Road » sort en 1967 mais il faudra attendre le très célèbre film « The Harder They Come» pour qu'il soit vraiment découvert du public.
Ce film aujourd'hui culte avec « Country man » lui permet d'interpréter la superbe chanson « Many rivers to cross » et le grand succès « Sitting in limbo ». L'album du même nom sorti en 1972 deviendra un des albums reggae les plus vendus dans le monde. Cela va permettre à Jimmy Cliff de faire des grandes tournées internationales durant les années 70.

L'artiste va sortir plusieurs albums durant les années 80 comme « House of exil » en 1981 ou « Power and glory » en 1983 et"Hanging fire" en 1987. Mais ce sera le single « Reggae Night » fait dans un style beaucoup plus pop, qui relancera sa carrière de façon beaucoup plus significative.
Jimmy Cliff va alors enchaîner les albums (une dizaine au total) durant les années 1990. En 2003 « The harder they come » va être réédité en version "deluxe" et Jimmy Cliff sortira ensuite « Black magic », album dans lequel il fait de nombreux duos avec des artistes aussi diverses que Wyclef Jean (The Fugees) ou Kool and the gang, Bernard Lavilliers et Yannick Noah.

Discographie

* Hard Road, 1967
* The Harder They Come, 1972, réédité en 2003
* House of exile, 1974 Réédition 1975 EMI Records Ltd
* Power and glory, 1983
* Hanging fire, 1987
* Black Magic, 2003
# Posté le jeudi 01 février 2007 10:21

The Wailers

The Wailers est le nom du groupe de reggae jamaïcain fondé en 1963 par Bob Marley, Bunny Wailer et Peter Tosh. Ils débutèrent très jeunes sous forme d'un trio vocal sous la houlette du producteur Joe Higgs. Leurs premiers singles étaient signés par des noms différents « The Teenagers », puis « The Wailing Rude Boys », « The Wailing Wailers » et enfin « The Wailers ». The Wailers signifie en anglais « ceux qui gémissent ». Ce nom provient du style langoureux de leurs harmonies largement inspirées du groupe de soul nord-américain The Temptations. Junior Braithwaite, Beverley Kelso et Cherry Smith ont également fait partie du groupe du début. Lors des séjours de Bob dans le Delaware en 1966-67, Constantine Vision Walker fera un temps partie du groupe.

Plus tard, lorsque le groupe sera produit par Island Records sur la scène international, Chris Blackwell insistera pour que le groupe soit connu sous le nom de Bob Marley & The Wailers. Lors du départ de Tosh et Bunny, Bob conservera ce nom de Wailers, qui désignera désormais les musiciens qui joueront avec Bob. De nombreux musiciens ont joué avec les Wailers, mais le noyau dur de ce groupe sera constitué de :

* Aston "Familyman" Barrett (basse),
* Carlton "Carlie" Barrett (batterie),
* Tyrone Downie (clavier),
* Alvin "Seeco" Patterson (percussions),
* Junior Marvin (guitare),
* Earl "Wya" Lindo (claviers orgues),
* Al Anderson (guitare).


Après la mort de Bob Marley en 1981, ses musiciens, The Wailers, font de nombreuses tournées, emmenés par le bassiste Family Man Barrett et son frère, le batteur Carlton Barrett. Le guitariste/chanteur Junior Marvin, le clavier Wya Lindo et le percussionniste Seeco Paterson complètent la formation. En 1987, Carlton Barrett est assasiné par un tueur engagé par sa femme. Feront partie du groupe, dans les années 1980 et 1990, Irvin Jarrett (Carrot, du groupe Third World) et Joseph Russell. À la fin des années 1990 et au début des années 2000, Gary "Nesta" Pine se chargera, du rôle de lead-vocal.

Aujourd'hui, 25 ans après la mort de Bob Marley, The Wailers tournent toujours. Mais il ne reste que trois membres du groupe qui firent partie de la formation originelle Wailers : Familyman, Al Anderson et Earl "Wya" Lindo.
The Wailers
# Posté le jeudi 01 février 2007 12:11

Peter Tosh

Peter Tosh
Né à Church Lincoln (Westmoreland) en Jamaïque le 9 octobre 1944, Winston Hubert Macintoch dit Peter Tosh n'a pas connu son père. Sa mère (Alvera Coke) pauvre adolescente ne pouvant l'élever le confie à une tante dans la ville côtière de Savana La Mar. Personne dans sa famille n'avait les moyens de lui assurer une éducation décente mais il était très déterminé et talentueux.
Jeune a
dolescent, Peter s'installe à Denhamtown l'un des quartiers chauds de Kingston. Il partage son temps entre la rue, l'école et la chapelle du quartier. Dans la rue, il vit de petits "business". Comme tous les ghetto boys, il côtoie les jeunes kids de Trenchtown. Tosh n'a pas beaucoup souffert du "milieu" car son arrogance et sa grande taille le mettaient à l'abri des surprises désagréables. Il était respecté par ses pairs. Bien sûr il eut quelques démêlés avec la police pour détention de ganja, violence et surtout pour ses idées politico-philosophiques. La crise économique des années 60 rend la vie insupportable aux jeunes du ghetto. La drogue et la misère participent à l'explosion de la criminalité et les brutalités policières n'arrangeaient pas du tout les choses. La tension était permanente dans les quartiers pauvres de Kingston. Le déclin de l'agriculture jamaïcaine amplifie l'exode rural et l'explosion démographique dans les ghettos.Tout naturellement Peter cherchait une issue à sa situation. Il dit avoir vécu et vu des choses horribles à Trenchtowm.
Il fréque
ntait épisodiquement la paroisse mais pas pour le catéchisme ni pour écouter les "bonnes paroles" du pasteur (pourtant il était très croyant) mais pour avoir accès à la guitare que le pasteur lui confiait de temps en temps. Très vite, ses dons pour cet instrument furent remarqués. Il était aussi un bon pianiste très tôt. Ce surdoué se mit aussi à la chanson en intégrant la chorale. Mais Peter s'ennuie très rapidement car les répétitions de chants spirituels laissaient peu de place à des improvisations et à l'éclosion d'un talent personnel. Et surtout ses idées révolutionnaires dérangeaient les gardiens de l'ordre moral et politique. L'église officielle et la police ne voyaient pas d'un bon oeil l'avènement de ce mouvement qu'est le rastafarisme. Peter Tosh n'avait-il pas demandé publiquement la légalisation de la marijuana ? Peter chantait dans la rue contre quelques shillings. Il dénonçait la manipulation mentale de l'église qui encourageait la diabolisation et la marginalisation des rastamen du ghetto.

Tosh fut in
fluencé par le Blues , la Soul et surtout le Ska. Le Ska véhiculait des messages de rebellion, d'encouragement et de prise de conscience. C'était aussi la période des indépendances dans le tiers-monde, l'époque du black power. Le Ska rencontra un grand succès auprès des jeunes du ghetto. Peter Tosh essaya des mélanges de genres musicaux assez surprenants. Il perfectionna sa guitare et sa voix. C'est aussi à cette époque que le Ska fut détrôné par le Rock Steady (plus rythmique) qui deviendra plus tard le Reggae.
A la même
époque, un certain Robert Nesta Marley cherchait aussi sa voie. Bob avait rencontré Joe Higgs un artiste qui avait une autorité morale sur les jeunes du ghetto. Higgs était un modèle pour Bob Marley. Rappelons que Bob aussi était privé de père et trouvait en Higgs un maître sur le plan musical et le père qu'il n'avait pas connu. Bob et son copain Bunny Livingstone (Bunny Wailer) ont rencontré Peter Tosh lors d'une séance organisée par Higgs. Peter Tosh très bon guitariste et chanteur talentueux se joint à Bob et Bunny pour former un trio qui aura pour nom "The Wailing rudeboys", puis "The Wailing Wailers" et enfin "The Wailers". Ainsi naquit le plus célèbre des groupes reggae.
Sous la di
rection de Joe Higgs , de Coxsone Dodd, de Lee Scratch Perry et enfin de Chris Blakwell (de chez Island) le groupe enregistre plusieurs albums. Certains albums étaient pressés à quelques dizaines d'exemplaires seulement, juste de quoi rembourser les frais de location de studio et s'acheter une paire de chaussures ou un costume neuf. Le chaos économique et social qui régnait en Jamaïque à cette époque favorisait les piratages de disques d'autant plus que les radios officielles programmaient très peu de reggae. Cette musique de par le message qu'il véhicule était jugée subversive. Les premiers disques des Wailers étaient bien accueillis par le public lassé d'écouter la pop anglo-américaine dont on l'abreuvait. Les Wailers ont trouvé leur voie. Ils rencontrent le succès mais étaient fauchés.

Bob pa
rt aux USA voir sa mère. Il y resta quelques mois en vivant de petits emplois, Bunny fait un court séjour dans les geôles pour détention d'arme et usage de marijuana. Peter ne tardera pas à goûter aussi aux délices de la prison. Il y fut même tabassé et en garda un très mauvais souvenir, ce qui n'a fait que renforcer la haine qu'il avait envers la police.
Bob à son r
etour des Etats Unis , apporte une touche pop-rock aux oeuvres des Waillers. Le groupe grandit et s'ouvre à d'autres influences musicales. Bob devient le leader incontesté des Wailers, mais la frustration et surtout le désir d'être libre par rapport aux maisons de production poussent Peter et Bunny à partir. Nous sommes donc en 1974, le trio historique des Wailers se sépare. Peter Tosh démarre alors une carrière solo avec un début difficile. La rumeur fait état d'un conflit entre Bob et Peter, il n'en était rien. Ils sont restés amis. Ils ont même fait des concerts ensemble et ont joué parfois avec les mêmes musiciens (les frères Barrett par exemple). Bunny Wailer, Judy Mowatt et surtout Rita Marley ont collaboré à la réalisation du premier album solo de Tosh. Pour l'anedocte, signalons que Peter a épousé la soeur de Bunny. Une grande famille en somme... Mais on ne comprend toujours pas pourquoi Peter n'a pas assisté aux obsèques de Bob Marley.
Peter r
astaman pratiquant, arrogant et coléreux avait une mauvaise réputation. L'étiquette de bad boy des Wailers lui collait à la peau et il entretenait bien cette image. Il dénonçait la corruption, le mensonge et toutes les inégalités. La véhémence de ses propos, ses rapports avec la presse et son tempérament en font l'image contraire de Bob Marley. Peter était très mystique et révolté à travers ses chansons. Son engagement dans la lutte anti-apartheid en Afrique du sud et ses prises de position en faveur des opprimés de tous les pays lui attiraient quelques ennuis avec la police politique de l'île. Grand militant des droits de l'homme (les vrais droits de l'homme...), il réclamait la justice avant tout. Profitant du méga concert de la paix et de la réconciliation (Kingston Avril 1978), il réitère son message qu'il avait lancé dans l'album "Equal Rights" : " La paix est un diplôme qu'on vous délivre à titre posthume au cimetière. Tout le monde réclame la paix mais personne ne demande la justice. Je ne veux pas de cette paix, car nous avons tous besoin des mêmes droits et de justice avant tout".
Peter était un
grand ennemi de Babylone (le système encore actuel) qu'il vilipendait à travers ses chansons. C'était un chanteur très engagé et très pessimiste sur l'avenir de l'humanité, il était apocalyptique. Ses messages rejoignent ceux du musicien nigérian Fela Anikulapo Kuti.


Grâce à ses talent
s vocaux il rencontre les Rolling Stone qui l'emmènent dans une tournée à travers les USA et l'Europe. De cette collaboration naîtront deux disques (Bush Doctor et Mystic Man). Tosh devient alors une machine à produire des hits et enchaîne les concerts en Jamaïque et ailleurs dans le monde. Plus tard, Peter s'entoure du plus célèbre duo rythmique de la planète reggae à savoir Robbie Shakespeare à la guitare et Sly Dunbar à la batterie. Il forme le groupe "Word Sound & Power" qui l'a accompagné partout. Il réussi à s'offrir les services de l'excellent saxo (ténor et alto) Dean Fraser, la référence saxo du reggae. Dans la classification des différents styles de reggae, Peter Tosh fait partie des "Roots" de par son style musical et les messages de ses textes. Nous rangerons également dans ce groupe Bob Marley, The Gladiators, Capital Letters, Burning Spear, I Jah Man, Cimarons, Max Romeo, Heptones, Culture, Dennis Brown, Jacob Miller, Lee Scratch Perry, U Roy, I Roy, Bunny Wailer, Kiddus I, The Upsetters, Kingston Feeling, Twinkle Brothers, Mighty Diamonds, Pablo Moses, Culture, etc... la liste est très longue. Les années 80 coïncident avec l'explosion du reggae en différents styles. Un pôle européen est né en Angleterre avec l'avènement du reggae issu de la deuxième génération d'immigrés jamaïcains. Dans cette catégorie, je rangerai bien volontiers Steel Pulse, Aswad, LKJ, etc...

Tosh est
devenu une grande pointure dans la galaxie reggae. Mais avec le temps ses productions discographiques devenaient de plus en plus rares. Le public a attendu quatre ans la sortie de son dernier disque. Il s'est éloigné un peu de la scène et voulait entamer une carrière de producteur. Il se proposait d'aider les jeunes artistes de son pays. Il n'a jamais renié son style, il n'acceptait pas les compromis. Il a toujours défendu ses convictions. Il n'est jamais tombé dans la facilité et n'a jamais fait du reggae commercial soft, ce qui est un exploit quand on connaît la pression du lobby des maisons de disques.
Le
11 Septembre 1987 au soir, trois pseudo-cambrioleurs armés font irruption chez lui et l'assassinent. Sa femme et ses invités qui étaient présents furent blessés. Parmi les meurtriers se trouvait une ancienne connaissance de Peter Tosh. Les circonstances de sa mort restent floues. On parle d'un marché que Peter n'aurait pas respecté, d'un règlement de compte, de la police politique, des services spéciaux d'un pays (CIquelque chose, peut etre). Signalons aussi que Peter Tosh et un ami étaient sur le point de prendre le contrôle d'une station radio très populaire en Jamaïque et voulaient transformer cette radio généraliste (la seule independante en Jamaïque) en une radio 100% reggae. Les discussions étaient tendues. Cette radio était considérée comme un instrument potentiel de propagande, un outil stratégique, voire une arme. Peter avait beaucoup d'ennemis. Ce qui est certain c'est qu'il a été victime d'un complot ou d'un contrat. Peter Tosh gênait beaucoup de gens. L'un de ses meurtriers est aujourd'hui en prison après un procès expéditif et une délibération record de 11mn. Les deux autres assassins courent toujours. Le mystère qui entoure sa mort contribue à entretenir le mythe et la légende du personnage.

Discographie

* Legalize It (1
976)
* Equal R
ights (1977)
* Bush Doctor
(1978)
*
Mystic Man (1979)
* Wanted : Dr
ead & Alive (1981)
*
Mama Africa (1983)
*
Captured Live (1984)
* No Nuclear War (1987)
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# Posté le jeudi 01 février 2007 12:17
Modifié le vendredi 02 février 2007 08:08